Motion introduite par ces mots d’Anne De Gand, conseillère communale, en séance du 22 mars 2018, et soutenue par les Groupes cdH, PS et MR :

Tout d’abord, je me réjouis que la Fraise de Wépion nous rassemble tous autour d’elle et je remercie mes collègues pour leur soutien.

Cette motion prend tout son sens à l’heure où les scandales alimentaires se succèdent que ce soient les oeufs au fipronil, le lait infantile lactalis contaminé par des salmonelles ou encore la viande avariée vendue par Veviba.
Cette motion prend tout son sens à l’heure où les fraises espagnoles vont faire leur réapparition sur les étals de nos supermarchés, comme un signe annonciateur de printemps. Plusieurs d’ entre nous vont sans doute succomber à cette délicieuse tentation en oubliant que leur culture intensive hors sol est très polluante. Celle-ci pompe un tiers des réserves en eau de cette région menacée par la désertification, elle génère une production de déchets plastiques équivalente à celle des fruits et empoisonne les terres. Une étude allemande a démontré la présence de 105 molécules différentes dans ces fraises industrielles, ce qui en fait des fruits garantis 100% chimiques. Leur culture ruine également la santé des travailleurs saisonniers. Voici brossé à larges traits cet enfer de la fraise!

Dans ce contexte bousculé, les consommateurs ont besoin de confiance, de sécurité et de transparence. Ils veulent de plus en plus être acteurs de leurs choix, ce qui explique le succès grandissant des circuits courts et d’une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé.
La culture des fraises de Wépion s’inscrit dans cette optique, et est le fruit d’ une longue tradition. En effet, elles sont cultivées depuis le 17ème siècle et l’âge d’or de leur production débute à la fin du 19ème siècle.
Tout comme les olives font sans conteste la fierté de la ville de Nyons, les noix, celle de Grenoble ou les châtaignes, celle de l’Ardèche, les fraises de Wépion constituent la nôtre. Nous devons rassembler nos énergies afin de défendre cette culture, quelle que soit notre position. Les producteurs locaux doivent plus que jamais unir leurs efforts, pratiquer une culture raisonnée et miser sur la qualité, les femmes et hommes politiques doivent proposer des solutions innovantes pour soutenir cette activité fruitière par exemple par la création d’ un label , les acteurs économiques et les responsables du tourisme doivent promouvoir et valoriser ce produit du terroir et de la gastronomie, et enfin les consommateurs que nous sommes tous, devons les privilégier dans nos achats.

Laissez-moi pour terminer  » ramener ma fraise ‘,’ en évoquant une initiative que j’ avais prise comme échevine du tourisme pour mettre en avant cette affriolante ambassadrice. Certes nos moyens étaient modestes mais avec le concours de l’ office du tourisme, nous avions mis sur pied une fois par saison le week-end de la fraise rassemblant tous ses partenaires, de la criée de Wépion au musée de la fraise en passant par le jardin des petits fruits, les pâtissiers, les glaciers, les restaurateurs sans oublier les marchands de fruits et légumes. Diverses animations, opérations de promotion, menus spéciaux étaient proposés dans les restaurants, sur le marché, au musée, au jardin et peut- être avez -vous pu nous apercevoir, Anne-Marie Salembier et moi, vêtues aux couleurs de la fraise, derrière notre stand au marché, héler les passants et leur vanter tous les atours de la fraise de Wépion, de vraies bonimenteuses!

Et puisque nous sommes dans la semaine de la langue française, je ne résiste pas au plaisir de conclure par quelques vers de Maurice Carême.

 »Et oui, je le sais bien !
Je n emporterai rien,
Pas l’ombre d’un nuage,
Mais qu’elle est belle dans ma main,
Cette fraise sauvage !  »


Le Conseil communal de Namur,

Considérant :

L’intérêt que représente la culture de la fraise, pour la valorisation des produits, du terroir et du patrimoine immatériel de Namur, ainsi que la renommée de Wépion ;
L’importance que revêt la fraise de Wépion sur le plan touristique à Namur ;
Les difficultés financières rencontrées par la Criée de Wépion ;
La nécessité de maintenir un outil de valorisation et d’écoulement vers les commerces des fraises produites à Wépion et dans la région de Namur ;
La demande introduite par sept producteurs de fraises de Wépion auprès d’AgriLabel pour l’élaboration d’un dossier d’enregistrement de la dénomination « Fraise de Wépion » comme indication géographique protégée ;
Le danger d’une utilisation de la référence à Wépion pour la valorisation et la vente de fraises produites à l’extérieur de la région de Namur voire à l’étranger ;
L’intérêt d’un nombre croissant de citoyens pour les produits issus des circuits courts ;
La nécessite de favoriser les modes de production respectueux de l’environnement ;

Demande instamment au Gouvernement wallon :

D’assister les producteurs dans le cadre de la procédure de reconnaissance d’une indication géographique protégée (IGP) « Fraise de Wépion » en prenant également en compte des critères sociaux et environnementaux de référence ;
De favoriser la création d’un label pour la production issue d’un territoire plus large à l’échelle de la Wallonie, en prenant également en compte des critères sociaux et environnementaux ;
D’œuvrer à une relance durable de la Criée de Wépion, en sollicitant le cas échéant une intervention des outils économiques wallons ;
De promouvoir une information complète des consommateurs par rapport aux modes de production.

Adresse copie de la présente :

Au Gouvernement wallon ;
Aux Députés wallons issus de l’arrondissement de Namur ;
Aux Conseils communaux des communes voisines ;
Au Conseil provincial de Namur.

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